L’orientation est de plus en plus pensée en termes d’employabilité — choisir des études pour les perspectives d’emploi qu’elles confèrent. La relation entre orientation et employabilité est réelle et importante. Mais elle n’est ni simple ni exclusive, et réduire l’orientation à la seule employabilité est à la fois une erreur et une perte. Quelles sont les relations réelles entre les deux ?
L’employabilité, une considération légitime
L’employabilité — la perspective de trouver et de garder un emploi — est une considération légitime et importante en orientation. L’ignorer serait imprudent : l’orientation a des conséquences matérielles réelles. Prendre l’employabilité au sérieux est raisonnable, et nul ne devrait s’en excuser.
Une relation complexe, non mécanique
Mais la relation n’est pas mécanique : une orientation donnée ne garantit pas une employabilité donnée. L’employabilité dépend de nombreux facteurs au-delà du diplôme — la conjoncture, l’adéquation, les compétences, l’individu. L’orientation influence l’employabilité sans la déterminer. Le lien est réel, mais lâche.
Le risque de réduire l’orientation à l’employabilité
Un danger réel : réduire l’orientation à la seule employabilité. Cela néglige le sens, l’intérêt, l’adéquation et le bien-être — et peut conduire un jeune vers une voie « employable » qui ne lui convient ni ne lui importe, engendrant le désengagement et les coûts d’une orientation subie. L’employabilité est une considération, non le critère unique.
Employabilité et adéquation se rejoignent souvent
Un point qui réconcilie : employabilité et adéquation sont souvent alliées, non opposées. On tend à réussir, à persévérer, et donc à être plus employable dans un domaine qui nous convient et nous engage. Poursuivre l’adéquation, c’est souvent, à long terme, poursuivre aussi l’employabilité. L’opposition entre « passion » et « employabilité » est fréquemment fausse.
Articuler sans réduire
La vue équilibrée : prendre l’employabilité au sérieux comme une considération, la peser à côté de l’adéquation, de l’intérêt et du sens, et reconnaître que adéquation et employabilité coïncident souvent. Ni ignorer l’employabilité (naïf), ni y réduire l’orientation (appauvrissant). S’orienter pour une vie, et non pour le seul premier emploi.
Les relations entre orientation et employabilité sont réelles mais complexes : l’orientation influence l’employabilité sans la déterminer, et l’employabilité est une considération légitime mais non le critère unique. Réduire l’orientation à la seule employabilité néglige le sens et l’adéquation — et risque les coûts d’une voie non choisie —, tandis qu’adéquation et employabilité coïncident souvent à long terme. L’approche lucide prend l’employabilité au sérieux sans la laisser éclipser les autres dimensions d’un choix qui façonne non seulement un emploi, mais une vie.